1700 La Poste : une approche philosophique et psychanalytique de l’art

Publié le 16 mai 2019 par Sarah Favier
1700 La Poste face frontale, Crédit photo : Alain Lefort

Un lieu à l’épreuve du temps

Le 1700 La Poste est un lieu d’exposition privé destiné à promouvoir l’art contemporain. Le bâtiment a été construit par l’architecte David Jerome Spence (1876-1955) en 1913 et repensé par Luc Laporte en 2009. Son style architectural s'inscrit dans la mouvance Beaux-Arts que l'on retrouve à Montréal au début du XXe siècle. Architecte émérite, Luc Laporte (1942-2012), à qui on doit de nombreuses réalisations, entre autres Le Multistore Lux (1984) sur le boulevard Saint-Laurent, le pavillon du bassin Bonsecours dans le Vieux-Port de Montréal, la Société des Arts Technologiques (SAT) (2011), s’est vu confier la transformation du lieu en 2009.

L’endroit abritait autrefois un bureau de poste, connu sous le nom de succursale postale F et qui desservait la population du quartier de la Petite-Bourgogne. Abandonné un temps, il a servi à plusieurs fins, notamment comme boutique d’antiquités. Ce sont plusieurs années après la fermeture du magasin que le bureau de poste connait un nouveau destin.

Le bâtiment est alors acquis par Isabelle de Mévius, qui souhaite lui donner une nouvelle dimension en le dédiant à la transmission culturelle.

L'inauguration du centre eut lieu le 19 septembre 2013.

Un modèle architectural de conservation et de réappropriation des espaces

Pour admirer ce bijou architectural, il faut se rendre au 1700 rue Notre-Dame Ouest à Montréal. La façade présente deux colonnes de style ionique en pierre calcaire sur lesquelles reposent un entablement et un fronton qui ne sont pas sans rappeler l’architecture des temples antiques. Une partie de la mezzanine a été maintenue et le volume principal fut libéré afin d’augmenter l’apport de lumière dans l’espace central. Luc Laporte a choisi des assemblages nobles, à l’épreuve du temps, tels que la pierre, l’acier et le bois de noyer.

Le lieu a été restauré tout en respectant le plan d'origine et en conservant une partie des installations : la chute à lettres extérieure, la voûte et sa porte blindée. Trois étages sont reliés par un escalier ajouré en acier et servent d'aires d'exposition. L’ensemble de la démarche de l’architecte Luc Laporte repose sur une approche conceptuelle et intuitive. Sa connaissance de la morphologie de la ville et de la structure spécifique du lieu d’intervention, alliées à une sensibilité pour la culture urbaine de Montréal, revêtent une dimension poétique.

Le 1700 La Poste fait désormais partie du patrimoine bâti de Montréal.

Une démarche complexe pour une exposition authentique

L’originalité du lieu tient à l’approche de sa fondatrice, Isabelle de Mévius. Passionnée d’art et de psychanalyse, elle donne une vision singulière à ce lieu en échangeant avec les artistes qu’elle expose pour les comprendre intellectuellement, philosophiquement, artistiquement et historiquement.

Ce sont l'amour de l'art et l’intérêt pour la psychanalyse lacanienne qui ont poussé Madame de Mévius à venir s’installer à Montréal. Elle constate que la jeunesse artistique jouit de plus d’attention que les artistes de sa propre génération. Mûe par l’envie de leur donner un lieu d’expression, elle se met en quête du lieu idéal et tombe en amour avec le bâtiment.

Le 1700 La Poste n’est ni un musée ni une galerie. C’est le parti pris d’intégrer le patrimoine, d’exploiter tout ce qu’il a à offrir, ses volumes, l’articulation des espaces, son histoire, pour révéler l’exposition qui a trouvé refuge en son lieu. Le 1700 La Poste conçoit deux expositions par an qui restent visibles durant trois mois. La scénographie est repensée à chaque nouvelle exposition afin d’être le plus fidèle à l’identité de l’artiste.

Cet endroit est exclusivement financé par Madame de Mévius.

Jean-Pierre Larocque : une œuvre intuitive, personnelle et assumée

Jean-Pierre Larocque est un artiste montréalais. Après avoir suivi une formation en dessin et en gravure dans plusieurs écoles de Montréal, il se consacre à la céramique et obtient une maîtrise à l’Université Alfred dans l’état de New York. Au Canada, il est reconnu comme un important sculpteur-céramiste. En 2006, il a réalisé une exposition solo, Trapping Shadow, pour l’inauguration du nouveau Gardiner Museum, à Toronto.

En outre, parallèlement à sa pratique sculpturale, il réalise des peintures et des dessins au fusain. Malgré la diversité des médiums, son approche transformatrice de la matière reste toujours la même et s’apparente à l’improvisation. Son œuvre se décline en séries, lui permettant ainsi d’aborder ses sujets en profondeur.

Le 1700 La Poste nous fait l’honneur d’ouvrir ses portes et d’accueillir le cocktail de clôture du Rallye des galeries du 22 mai 2019.

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Billet par : Sarah Favier