La Fondation Phi : l’art contemporain a son lieu d’expression

Publié le 1er mai 2019 par Sarah Favier
Play It By Trust par Yoko Ono, Crédit photo : Studio One

Un lieu pour tous à la pointe de la créativité artistique

La Fondation Phi pour l’art contemporain, originellement nommée DHC/ART, a été fondée en 2007 par Phoebe Greenberg. Dotée d’une vision créative, c’est tout naturellement qu’elle s’inscrit dans la lignée des mécènes. Le regard visionnaire qu’elle porte sur l’art fait de la Fondation Phi pour l’art contemporain un lieu tourné vers le futur où l’expérimentation est le maître mot. En choisissant d’investir dans l’art, Phoebe Greenberg œuvre pour la démocratisation de la culture et permet de rendre visible l’invisible.

La Fondation Phi pour l’art contemporain a pris racine dans le vieux-Montréal dans deux bâtiments patrimoniaux où l’histoire et l’art contemporain se côtoient, un pont entre le passé et le futur. Le lieu est gratuit, accessible à tous et accueille des expositions de tout horizon géographique et artistique.

La Fondation favorise une discussion sur la manière dont l’art contemporain est porteur de sujets et d’idées qui reflètent et touchent notre vie au quotidien. C’est un espace où les portes ne limitent pas et où l’imagination s’exprime librement.

La programmation du lieu est développée par l’équipe commissariale de la Fondation. Du 25 avril au 15 septembre 2019, la Fondation met à l’honneur l’artiste Yoko Ono avec l’exposition LIBERTÉ CONQUÉRANTE/GROWING FREEDOM.

Yoko Ono : une artiste plurielle

Yoko Ono, qu’on la connaisse pour son union d’amour et artistique avec John Lennon ou pour sa vision artistique avant-gardiste, son nom est à lui seul une évocation.

Elle a offert une nouvelle dimension à l’art en créant de nouveaux espaces, en renversant les codes préétablis, en décloisonnant les disciplines artistiques pour les unir. Une vision nouvelle, libre, est entrée dans le monde de l’art codifié. Yoko Ono considère le corps comme un instrument, en perpétuel mouvement, vecteur d’émotions, semblable à l’art. Ses œuvres témoignent de la relation intrinsèque qu’elle entretient avec l’art et la vie.

Yoko Ono c’est la rencontre de l’Orient et l’Occident, le trait d’union entre deux cultures. Elle a grandi à Tokyo où elle a reçu une éducation multiculturelle très riche tant sur le plan artistique que scolaire avant d’immigrer aux États-Unis pour fuir les bombardements lors de la seconde guerre mondiale.

Elle fait partie de la première génération d’artistes qui contestait un art conformiste et prônait l’art multiculturel en redessinant les contours du traditionnel. Elle s’est associée au mouvement Fluxus né dans les années 60 d’un rejet des élites artistiques et de la remise en question de la notion d’œuvre d’art. L’histoire personnelle, politique et culturelle de Yoko Ono a insufflé un nouvel art, libre, affranchi.

Une exposition, deux lieux, deux célébrations

L’exposition se déroule en deux actes visibles au 451 (Les instructions de Yoko Ono) et 465 (L’art de John et de Yoko) rue Saint-Jean, à Montréal.

Acte I : Œuvre participative

Le premier acte, Les instructions de Yoko Ono, met en avant le rôle du visiteur dans la réalisation des œuvres présentées. Le visiteur, à l’aide d’instructions émises par Yoko Ono va prendre part à l’œuvre devenant acteur et non plus simple spectateur. L’interaction peut être physique ou psychique.

Ainsi, l’œuvre d’art autrefois intouchable, sacrée devient palpable, se connecte avec le réel. Parmi les œuvres présentées, il y a Peinture pour enfoncer un clou à coups de marteau (1966) ou encore Peinture au plafond, Peinture du oui (1966), l’œuvre autour de laquelle se sont rencontrés John Lennon et Yoko Ono à la galerie Indica de Londres.

Acte II : Œuvre collaborative

Le deuxième acte, L’art de John et de Yoko, relate les différents projets artistiques réalisés par John et Yoko sur leur chemin pour la paix. À l’occasion du 50e anniversaire du fameux bed-in, l’exposition revient sur ce moment naïf, empli d’espoir, qui a donné lieu à l’enregistrement du hit Give Peace a Chance. John et Yoko alors tout juste mariés, ont profité de cette occasion et de leur notoriété pour éveiller les consciences, rassembler, échanger autour de la paix. À l’aide de témoignages, d’archives, l’exposition rend compte de cet événement en invitant le spectateur à se joindre à John et Yoko dans la chambre 1742 du Reine Elizabeth de Montréal. Des écouteurs sont mis à disposition du visiteur, lui permettant ainsi de se connecter à l’histoire et de se laisser porter par les récits au son des voix de John et Yoko.

S'inscrire pour le Rallye ici

Billet par : Sarah Favier