Video Phase : une exploration multisensorielle

Publié le 14 janvier 2020 par Sarah Favier
Crédit artiste : VideoPhase01, Crédit photo : Vladimir Kanic

A l’occasion du Rallye des Arts qui se déroulera le mercredi 29 janvier 2020, l’équipe de la Brigade Arts Affaires de Montréal (BAAM) a échangé avec le groupe Video Phase.

[Conversation avec Julien et Julien-Robert, les deux concepteurs de Video Phase.]

Qui êtes-vous ? Quelle est l’histoire de Video Phase ?

Nous sommes Julien et Julien-Robert, deux musiciens et créateurs. Nous nous sommes rencontrés comme étudiants à l’Université de Montréal. C’est là que nous avons commencé à expérimenter ensemble. L’idée de créer le groupe « Video Phase » est née de ces premières expériences communes et nous avons créé notre premier spectacle en 2012, il y a maintenant 7 ans. Nous souhaitions utiliser la vidéo comme un nouvel élément pour illustrer la musique et les processus musicaux complexes, en faire un paramètre d’expression supplémentaire, au même titre que la nuance, le timbre, le rythme etc. Le visuel a évolué au fil des années, mais est toujours resté totalement fusionné avec la musique. Dans nos spectacles, l’un ne va pas sans l’autre, nous les concevons comme une seule et même matière. 

Nous avons littéralement commencé dans notre « garage » (sous-sol pour être précis), et avons commencé à tourner notre premier spectacle sur l’ile de Montréal, puis ailleurs au Québec. Nous avons ensuite créé notre deuxième spectacle, Lumens, qui a reçu des prix (prix opus, prix des mécènes investis pour les arts) et qui a eu la chance de tourner ailleurs au Canada (Nouveau-Brunswick, Ile du Prince Édouard, Ontario) et à l’international (États-Unis, Chine, Corée du Sud, Hong Kong). Nous avons aussi adapté un extrait de ce nouveau spectacle pour la réalité virtuelle avec la compagnie Imagine360. Nous travaillons actuellement à l’élaboration de notre troisième spectacle.

Pourquoi avoir choisi ce nom : « Video Phase » ?

Ce nom était un hommage au compositeur Steve Reich. Ce compositeur américain est un des pionniers du courant musical appelé « minimalisme ». Nous avons commencé notre projet en adaptant une de ses pièces « Marimba Phase ». Cette pièce utilise le processus de décalage de phase, où un motif musical identique est joué légèrement plus vite et se décale progressivement afin de créer des polyrythmies. Nous avons ajouté le visuel à la pièce et avons donc appelé notre premier spectacle « Video Phase » en référence à cela. Puis le nom de notre premier spectacle est devenu naturellement le nom du groupe.

Vous définissez votre art comme « un art interactif et ludique », quel rôle occupe le spectateur ? 

Le terme « interactif » n’est pas utilisé dans un sens actif pour le spectateur mais plus pour l’artiste sur la scène. Il renvoie au fait que les musiciens sur scène jouent avec un dispositif qui génère musique et image en temps réel. Il y a donc un aspect interactif entre le musicien et la machine, et non entre le spectateur et son environnement, comme on le sous-entend plus souvent par le terme d’interactivité. Ceci étant dit, le spectateur joue dans nos spectacles un rôle actif, et n’est pas forcé à interpréter le spectacle d’une seule manière. Son écoute et son observation lui sont propres, et il comprendra le spectacle différemment en fonction de son niveau d’éducation musicale et son propre intérêt. Chaque spectateur peut trouver quelque chose dans notre spectacle, qui par son abstraction laisse beaucoup de portes ouvertes pour son imagination. Quant à l‘aspect ludique, il se retrouve dans le concept même du spectacle, construit sur le modèle du jeu vidéo. Il y a un vrai plaisir à observer les artistes sur scène littéralement « jouer » avec le visuel, et le modeler en jouant de leurs instruments.

Quelles sont vos inspirations et aspirations ?

Nos inspirations musicales sont assez variées. Elles vont de la musique minimaliste comme nous l’évoquions plus haut, à la musique électronique de Kraftwerk ou Daft Punk, à Nine Inch Nails, Radiohead, à la musique expérimentale et électroacoustique, à la musique texturale de Philippe Leroux, à la musique pop, à Pat Metheny et Bon Iver… Tout cela se retrouve dans « Lumens ». Au niveau visuel, les influences viennent beaucoup de la pop culture, avec des références à la science-fiction, au monde du jeu vidéo, l’esthétique cyberpunk et futuriste comme « Tron » par exemple ou le street art avec le light painting.

Nos aspirations ont toujours été de toucher un public le plus large possible et d’ouvrir une passerelle entre le monde expérimental et le monde populaire. D’offrir à toutes sortes de curieux, peu importe leur parcours passé, une porte d’entrée vers un univers différent et les inciter à continuer cette exploration. Un spectateur qui, grâce à notre spectacle, va prendre goût à la découverte est la plus belle récompense que nous puissions recevoir. Nous espérons continuer à développer cette voie et espérons avoir la chance de toucher de nouveaux publics partout sur la planète. 

Lors de la soirée du Rallye des arts, quelles créations de Video Phase seront jouées ?

Vous découvrirez deux extraits du spectacle « Lumens », pour percussions, électronique, et des « cadres lasers » qui sont des instruments inventés. Vous aurez aussi la chance de jouer avec notre dispositif vous-même et créer une improvisation collective. 

Si vous voulez vivre une expérience unique, n’attendez plus et saisissez votre chance en réservant dès maintenant votre place ici.

Billet par : Sarah Favier